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Accepter nos propres pauvretés pour aller à la rencontre de l'Autre

Par Lio :: 20/12/2006 à 19:34 :: RETRAITES SEMINAIRES CONFERENCES

 Ce thème tombe juste dans la période de l'Avent. La pauvreté pour toi/moi c'est quoi? Qu'est-ce qui te fait peur, me fait peur comme pauvreté ? Qu'est-ce qui me dérange chez l'autre ?

 

Voilà j'ouvre le sujet avec ces 3 questions dont je ne donnerai pas de réponse car chacun a la sienne. Ici je veux retransmettre quelques mots, phrases de la conférence qui a eu lieu samedi 16 décembre à la Maison Saint-Raphaël à Liège. Je vous parlerai de celle-ci dans un article après la fête de Noël.

 

Je reviens à la conférence, Johan un des responsables du Poverello est venu parler de ce thème.

 

Mais le Poverello c'est quoi ? Je vous invite à aller voir leur site : http://www.poverello.be

 

Le fondateur Jean Vermeire était médecin sexologue. Il a été touché par Jésus. Et il a fondé une oeuvre pour les pauvres : le POVERELLO.

 

Les pauvres sont accueillis tel qu'ils sont. Ils sont AUTHENTIQUES.

Ils sont accueillis par des bénévoles, Dieu survient aux besoins de cette oeuvre qui ne reçoit aucun subside de l'Etat.

 

Allons un peu plus loin, et posons-nous la question : est-ce que nous, nous ne sommes pas des pauvres ? Il y a plusieurs sortes de pauvres : physiquement, moralement, psychologiquement, pauvre de coeur, pauvre affectif, financièrement et bien sûr spirituellement....etc.

 

Etre pauvre c'est passer par la petite porte, c'est une leçon très dur : il faut se dire "je ne suis pas l'homme ou la femme fort(e), j'ai besoin des autres." Il est essentiel alors de se METTRE A GENOUX devant le Seigneur Jésus-Christ, et de lui dire : "j'ai besoin de toi, ça doit venir de toi...." c'est pas facile, c'est un recommencement éternel, quotidien. Oui vivre l'Evangile en réalité; cela ne peut se faire que si nous tenons compte de nos propres limites, nous ne savons pas aider tout le monde nous dit Johan.

 

Nous sommes tous en chemin, il est nécessaire de se remettre en question : comment moi je suis ?

 

L'essence de notre vie quotidienne est LA PRIERE. Elle est la clé de tout, elle est le moyen de découvrir ce que nous sommes car Dieu utilise nos pauvretés.

 

Revenons au Poverello c'est un lieu où les gens sont accueillis comme ils sont : RESPECT, c'est la première étape de l'Amour. Là-bas, il faut se défaire de son orgueil. Le but du fondateur après sa conversion est de PARTAGER SA VIE ET ETRE AU SERVICE. Ce n'est pas facile mais pour l'accueil, c'est les personnes qui ont été accueillies et qui sont là depuis des années, qui disent comment on doit accueillir. On ne sait pas ce qu'on apporte aux autres. 1€ pour un repas. Car quand quelqu'un entre au Poverello, il entre chez quelqu'un. Il entre dans un lieu où il est en sécurité (contrairement à la rue), il veille à une qualité d'accueil - service - respect.

 

Il nous faut avancer, il nous faut avoir confiance, il nous faut avoir une espérance. A travers le pauvre, quel Dieu voit-on ?

 

Et nous ? Il est important de porter nos pauvretés au pied de la Croix. Que fais-tu de tes blessures ? a) Un être blessé devient un être blessant les autres ça me suffit?!  ou b) accepter tes pauvretés et chercher à les dynamiser, en relation d'aide chrétienne peut-être !

Il est important de nous autoriser à sortir de nos pauvretés.

 

TU PEUX TIRER QUELQU'UN D'UN TROU SEULEMENT EN TE METTANT A GENOUX ( et en le tirant dehors, comme l'a fait et le fait Jésus)

 

Demandons à Dieu de nous montrer nos pauvretés, les vrais celles que nous ne voyons pas.

 

Pourquoi ? On ne peut exister que dans la relation à l'autre, l'Autre.

Si nous blessons l'autre, nous risquons de couper la relation.

 

Enfin, pour terminer Johan un des responsables du Poverello nous disait : "ce n'est pas mon Poverello c'est celui du Seigneur." Il faut se limiter au plus important. Là-bas comme ailleurs, on construit petit à petit comme une famille avec des hauts et des bas.

 

Pour finir, voici une lettre de Jean Vemeire :

 

Il m'est arrivé quelque chose de merveilleux. j'ai fait la connaissance d'une gentille petite dame. Elle a 92 ans et est couchée dans un petit lit tout blanc, à l'Hospice.

C'est Agnès (88 ans) une fidèle du Poverello depuis 10 ans qui m'a conduit vers elle, par la main et avec un sourire plein de tendresse. En nous voyant approcher, son visage s'est métarmorphosé; de somnolente, elle devient radieuse; ses yeux s'illuminaient, son menton faisait des va-et-vient et des petits cris sortaient de sa gorge.

Malgré sa figure décharné et sa bouche édentée, elle resplendissait de bonheur et de joie. Elle tendit son visage vers moi et sortit une main toute menue d'en-dessous du drap, m'invitant à l'embrasser. Son petit rire saccadé me fit comprendre qu'elle était heureuse comme un enfant qui reçoit un très beau cadeau. Pour moi, ce fut un moment d'émotion intense et en même temps une phrase résonna à mes oreilles : mais c'est Jésus que tu embrasses !

Je l'avais lu et pensé des centaines de fois pendant ces mois de maladie et de souffrance que j'avais passés : "Tu dois voir Jésus en tes frères, là tu puiseras ta force". Cette fois-ci je l'ai ressenti jusqu'au plus profond de moi-même. Ses yeux brillaient toujours, la bouche entr'ouverte produisait les mêmes petits cris, elle me tenait les doigts et je tenais sa main. A regret, je me suis éloigné, me retournant plusieurs fois, lançant des petits baisers. Elle disait au revoir de sa main.

Cette rencontre m'a profondément touché et je ne pourrai jamais l'oublier : elle m'a raffermi dans ma foi, m'a mieux fait comprendre la tendresse de Dieu; elle m'a confirmé dans mon espérance : nous ne sommes pas créés pour ce monde, ce n'est qu'un passage, et la souffrance, aussi bien que les joies, me montrent la Voie.

Elle m'a mieux fait comprendre le sens de l'Amour : le Seigneur n'est pas invisible, Il vit et se manifeste en nos frères; Il a faim et soif comme eux, Il pleure comme eux, Il est seule et malade comme eux...comme nous tous.

Pour tout cela, merci petite Dame ! Tu quitteras probablement cette terre avant nous. Réserve-nous une place là-haut, afin que nous vivions tous ensemble dans l'Amour éternellement. (mars 1988)

 

Je conclus : nos pauvretés doivent être des staters, comme pour les sportifs.

 

 

 

 

 

Commentaires

Le 23/05/2007 à 21:51, par tommy
j'adore ce que vous avez fait sur jesus c est formidable j adore

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